28.10.2008
Le journal de Hyde Park Gate

Cet ouvrage publié pour la première fois, en France,
le 12 octobre 2006, dans la collection bibliothèque étrangère
au Mercure de France est très émouvant.
En effet, depuis très longtemps on connaissait « Le journal »
de Virginia Woolf, édité sous différentes versions, depuis
son adolescence jusqu’à la dernière année de sa vie.
Là, pour la première fois, on découvre les jeux d’écriture
partagés par trois des enfants Stephen, âgés alors de dix à treize ans :
Thoby, Vanessa et Virginia.
Le Journal des enfants qui paraissait tous les mardis constitue
la chronique d’une vie de famille à Londres, de 1891 à 1895.
C’est un livre très intéressant à lire et à regarder
car il comporte des dessins des enfants, de très belles photos
et la reproduction de pages manuscrites du Journal.
On croyait tout connaitre de la Woolfette mais ce Journal d’enfance
qui dormait tranquillement à la British Library à Londres,
a été trouvé par hasard par une jeune universitaire anglaise,
Gill Lowe, tandis qu’elle faisait des recherches pour une thèse
sur Julia Stephen, la mamma de Virginia, à l’université d’East Anglia.
C’est d’ailleurs à la mort de leur mère que les enfants Stephen
arrêtèrent d’écrire le journal.
C’étaient des enfants doués qui comme les quatre précoces Brontë,
écrivaient pour s’amuser.
Le journal est paru en 2005 en Angleterre sous le titre :
"Hyde Park Gate News", avec une introduction et des notes
rédigées par Gill Lowe.
Deux grandes spécialistes de l’œuvre de la Woolfette
ont également participé à cette édition, Hermione Lee
pour la préface et Anne Rabinovitch pour la traduction.
Une vraie réussite éditoriale.
Dimanche 12 octobre 2008
21:29 Publié dans Journal et correspondance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bibliographie

La bibliographie de Virginia Woolf sera organisée
sous forme de notices bibliographiques,
présentant chacune de ses œuvres
en respectant l’ordre chronologique d’écriture,
puis la date de la première édition.
J’essayerai de suivre
un regroupement en quatre catégories :
- Essais et biographies ;
- Journal et correspondance ;
- Nouvelles et articles ;
- Romans.
Cela sera parfois délicat car Le Livre sans nom
est souvent qualifié de « roman-essai »,
Flush est en apparence la biographie d’un chien…
et Freshwater est une pièce de théâtre !
Il y aura également une rubrique importante
dédiée aux Ouvrages sur Virginia Woolf.
A quelques exceptions près, je ne parlerai pas des revues,
des innombrables articles littéraires
et thèses universitaires consacrées à Virginia.
Par contre il sera surement nécessaire de prévoir
une nouvelle catégorie pour les écrivains,
contemporains ou non,
comme Katherine Mansfield
ou George Eliot,
qui ont vécu dans l’univers littéraire de Virginia.
Mardi 30 septembre 2008
18:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La chambre de Jacob

Couverture de la nouvelle édition parue en février 2008
Je viens de relire La chambre de Jacob, dans sa magnifique édition 2008
de la collection « La Cosmopolite » aux éditions Stock.
Ce sont 280 pages de bonheur tant l’écriture de Virginia est un enchantement,
une sorte d’envoutement poétique et pourtant le thème principal du livre est
fondamentalement dramatique : l’absence.
Virginia évoque la mort sans en parler.
la Première Guerre mondiale constitue la toile de fond tragique d’une recherche, d’une
reconstitution désespérée.
Une mère survivante et son fils qui est parti.
Virginia avait été sérieusement ébranlée par la perte soudaine de Thoby, son jeune
frère, mort très jeune, en 1906, d’une typhoïde.
C’est ce manque là qu’elle exprime, qu’elle montre à travers les larmes silencieuses
de Betty Flanders.
La chambre de Jacob est marquée du chiffre Trois.
C’est le troisième roman de Virginia Woolf, après The Voyage out et Nuit et jour.
Elle le publiera en 1922, trois ans après Night and day (1919) et trois ans avant
Mrs Dalloway qui sortira en 1925.
Et enfin, à ma connaissance, c’est le seul roman de Mrs Woolf qui a eu l’honneur de
trois traductions différentes en français :
L’édition de 1942 chez Stock était une traduction de Jean Talva.
C’est la version qui figure dans le premier tome de L’Œuvre Romanesque édité par
Stock, en 1973, avec une présentation de Max-Pol Fouchet et une préface de Diane
de Margerie.
C’est Magali Merle qui avait traduit l’édition 1993 de la Librairie Générale Française.
Cette deuxième traduction a fait l’objet d’une réédition en 2005 dans la collection
«biblio» du Livre de Poche, avec en couverture un très beau tableau d’Harry Watson :
« Homme assis sur un rocher et fumant la pipe »
Et c’est Agnès Desarthe, une éminente spécialiste Woolfienne qui a traduit l’édition
de 2008 chez Stock.
La chambre de Jacob est une œuvre étrange, comme une inspiration surréaliste
interprétée par un pinceau impressionniste.
C’est un récit, une situation qui est d’une délicatesse exceptionnelle comme si la plume
de Virginia en les effleurant n’avait fait que caresser les feuilles.
Cet ouvrage, publié en 1922 comme l’Ulysse de Joyce, est le premier grand roman
expérimental de Virginia Woolf, notamment par le morcèlement du récit et par une
composition extrêmement novatrice.
Encore !
Dimanche 19 octobre 2008
11:43 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2008
Virginia Woolf par elle-même

Photographie de Gisèle Freund
Cet ouvrage de Monique Nathan, est un grand classique
des présentations de Virginia Woolf et de son œuvre.
Il s’agit d’un livre au format de poche publié pour la première
fois en 1956, dans la collection « microcosme :
ECRIVAINS DE TOUJOURS »
aux éditions du Seuil.
C’est un livre agréable à lire et à regarder
car l’iconographie est extrêmement riche.
Monique Nathan traite abondamment
du groupe de Bloomsbury et ensuite
elle s’attarde sur l’originalité d’Orlando.
La principale caractéristique de l’ouvrage
qui est peut être primordiale pour ceux qui
découvrent le Woolfisme, c’est qu’il fait la
part belle aux écrits de l’auteure anglaise.
Le texte de Monique Nathan est constamment
enrichi d’extraits des œuvres de Virginia,
et la dernière partie du livre est un recueil de
nouvelles et de fragments de romans.
Ce Virginia Woolf a notamment été réédité en 1975,
avec seulement deux changements :
En première de couverture, le magnifique
portrait triste a été remplacé par une
photo de Virginia assise avec son chien,
prise par Gisèle Freund.
Le deuxième changement, c’est la liste
des principaux ouvrages sur Virginia Woolf
qui est passée de neuf items à vingt cinq…
Je me suis procuré l’édition de 1956 sur un site
de vente aux enchères, pour quelques euros
et j’avais trouvé la version de 1975 sur un site de livres d’occasion,
à un prix ne dépassant également pas cinq euros.
Monique Nathan a fait œuvre de pionnière car elle a été la première
en France à publier un ouvrage généraliste sur Virginia Woolf
quinze ans après sa mort !!!
Maxime Chastaing avait été le tout premier, en 1952,
avec une publication plus spécialisée :
La philosophie de Virginia Woolf,
aux Presses universitaires (PUF).
Lundi 6 octobre 2008
02:22 Publié dans Ouvrages sur Virginia Woolf | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15.10.2008
The Voyage out

Cover of the first edition of Virginia Woolf's The Voyage Out,
Duckworth & Co., London, 1915.
Il s’agit d’un roman unique dans l’œuvre de Virginia,
pour plein de raisons :
1° Elle a travaillé dessus pendant très longtemps.
Plus de douze années, de 1908 à 1920,
et onze versions différentes dont Melymbrosia (1912).
2° Pour les amoureux officiels de Madame Woolf,
c’est son premier livre, en tout cas le premier
qui sera publié en 1915 en Angleterre.
3° C’est un de mes trois livres préférés avec
Mrs Dalloway et To the Lighthouse.
4° D’après les spécialistes (nombreux)
The Voyage out est le seul roman
que Virginia a écrit au fil des mots
sans idée bien définie du résultat attendu.
C’est également le seul qu’elle a écrit
en sollicitant régulièrement l’avis de ses amis
pendant la période d’écriture.
5° C’est un livre dont le titre est une merveille,
malheureusement intraduisible : le voyage hors de
ou le voyage dehors ou…
6° C’est à ma connaissance, le seul livre
publié de son vivant qu’elle n’a pas édité elle-même
à la Hogarth Press.
En effet, The Voyage out sera publié au Royaume-Uni en 1915
par son demi-frère l'éditeur Gerald Duckworth,
celui-là même qui l’avait violé lorsqu’elle avait six ans.
Le livre sera ensuite édité aux États-Unis, par Doran, en 1920.
7° La naissance de Mrs Dalloway.
Dans The Voyage out, on voit apparaître Clarissa Dalloway, qui sera par la suite
le personnage central du roman Mrs Dalloway.
8° Dite 33
Virginia avait 33 ans en 1915 lorsque fut édité son premier roman.
Il faudra encore attendre 33 ans pour qu’il soit publié en France, en 1948, sept années
après le décès de l’écrivaine.
9° C’est un roman qui possède deux versions concurrentes en langue française
- La Traversée des apparences. C’est la traduction de Ludmila Savitzky, publiée en 1948
aux éditions « Le cahier gris » avec une préface de Max-Pol Fouchet.
Cette version fut rééditée en 1982, puis en 1985 chez Flammarion,
avec cette fois-ci une préface de Viviane Forrester.
Cette version est toujours disponible en format de poche.
- Croisière. C’est la traduction d’Armel Guerne chez Robert Marin, parue en 1952
qui est aujourd’hui épuisée et dont on peut encore trouver des exemplaires
d’occasion en bon état.
Pour une raison que j’ignore, peut être éditoriale, cette deuxième version
est relativement ignorée par les Woolfistes officiels…
10° C’est un magnifique roman, de facture classique mais très anglais et déjà très
Woolfien, avec des thèmes chers à Virginia : la satire sociale, le personnage central
est une femme (Rachel Vinrace), la mer, l’introspection et la découverte de soi,
le voyage et la mort.
Jeudi 2 octobre 2008
23:15 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.09.2008
Melymbrosia

L’écriture de The Voyage Out
s’étend de 1908 à 1920
avec une première publication en Angleterre en 1915.
La première des onze versions successives
date de 1908 et il n’en reste presque rien.
La deuxième version est entièrement perdue
mais la troisième élaborée de 1910 à 1912
sera publiée à New York en 1982
sous le titre de Melymbrosia.
Virginia Woolf avait donc 30 ans lorsqu’elle acheva
cette version dont l’original est détenu par la
Berg Collection of English and American Littérature
de la New York Public Library.
Curieusement, ce livre qui est d’une certaine façon
le premier livre écrit par Virginia est le dernier
que je me suis procuré. *
Il faut dire que de ce coté de l’Atlantique,
on ne parle guère de Melymbrosia,
qui à ma connaissance, n’a jamais été
traduit en Français.
Ce qui est curieux car « Le livre sans nom »
qui est une sorte d’esquisse du roman « Années »
a été traduit en français et quand on est arrivé au bout,
de ces « Pargiter » là, on se demande
si c’était vraiment indispensable…
Pour en revenir à Melymbrosia, il semble
qu’on trouve partout la même version
américaine éditée par Cleis Press,
établie et préfacée par Louise DeSalvo.
En fait comme un certain nombre de pages sont manquantes,
et pour respecter la cohérence du récit, les vides ont été comblés
en faisant appel aux versions ultérieures du Voyage Out.
C’est un beau volume de 350 pages qui coute environ 25$.
Sur un site de livres d’occasion, il est possible de se procurer
un exemplaire de 2002 (à 16,95 $) en état neuf, vendu 1$ plus 9 € de frais de port.
Pour Associated Press, Melymbrosia est : « a remarkably fresh read “
pour Library Journal : “The earliest work of one of the great writers of the 20th century”
Virginia tu es la meilleure !
* Pendant longtemps j’ai cru qu’il s’agissait d’une petite nouvelle sans importance…
Je m’étais laissé abuser par le titre : Melymbrosia, a novel by Virginia Woolf !!!
Bien sûr mes chères Watsonnes, en anglais a novel c’est un roman et a short story
c’est une nouvelle…
Mardi 30 septembre 2008
09:31 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29.09.2008
V comme Virginia

Virginia Woolf Tribute
Voilà, c’est un endroit pour parler
de Virginia Woolf,
la femme qui est le ciel de ma vie.
Evoquer sa vie, ses amitiés artistiques,
ses combats, son écriture,
son amour des livres
et sa passion des mots.
Parler de Virginia,
c’est bien sûr, flâner,
se promener avec elle.
Parcourir la campagne humide,
se rendre en Cornouailles,
guetter le phare à Saint Yves,
et surtout redécouvrir Londres,
où elle se sentait chez elle.
Comment ne pas aimer Virginia Woolf ?
Lundi 29 septembre 2008
20:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

